Vous êtes ici: La santé au quotidien  »  Maladies  »  Accidents médicaux : entre 30000 et 40000 décès par an

Accidents médicaux : entre 30000 et 40000 décès par an

Publié dans la catégorie Maladies       
Accidents médicaux : entre 30000 et 40000 décès par an

Une association de défense de victimes d'infections nosocomiales et d'erreurs médicales, le Lien, réclame davantage de transparence sur les accidents médicaux, qui tuent dix fois plus de personnes que les accidents de la route.

En 2015, "nous sommes toujours incapables de dire combien de patients décèdent ou restent invalides à la suite d'erreurs médicales évitables, qu'elles soient d'origine médicamenteuse, liées à des fautes de pratique ou d'origine nosocomiale" déclare le Lien, une association de défense de victimes d'infections nosocomiales et d'erreurs médicales, à l'occasion de ses Etats généraux.

"Si l'on prend les quelques données que l'on a, les accidents médicaux sont responsables d'au moins 30000 à 40000 décès, dont la moitié sont évitables", déclare Alain Michel Ceretti, fondateur du Lien. "Mais il n'existe aucune étude qui donne des chiffres objectifs de cette mortalité. Or, comment lutter efficacement contre un phénomène qui ne se mesure pas ?" insiste-t-il.

Une enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales menée par le Réseau d'alerte, d'investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin), indique qu'un patient sur 20 est concerné par une infections nosocomiale (c'est-à-dire une infection qui était absente lors de l'admission à l'hôpital et qui s'est déclarée à la suite de l'hospitalisation). À l'échelle mondiale, l'OMS estime que 1,4 million de personnes souffrent à tout moment d'une infection contractée à l'hôpital. Les infections urinaires (30 %), pneumopathies (15 %) et infections du site opératoire (14 %) représentent l'essentiel de ces infections qui seraient responsables de quelque 10000 morts par an, selon un rapport sénatorial.

Un nombre de décès auquel il faut rajouter les erreurs médicales ou ceux liés aux effets secondaires des médicaments, souvent liés à des prescriptions non justifiées, comme ce fut le cas pour le Médiator, par exemple.

C'est pourquoi le Lien demande que soient mis en place "des indicateurs par service et non par établissement (privé et public) sur le taux de mortalité et d'infection, afin de permettre aux patients de savoir ce qui se passe dans le service où ils ont l'intention d'aller".

Selon le fondateur de l'association, le projet de loi santé pourrait corriger cette situation en confiant l'analyse des dossiers et expertises à une autorité indépendante.

Source